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À distance de bras les toutpetitspetits

À distance de bras les toutpetitspetits

 

Souvenirs d’une femme… infirmière d’urgence… mère… et grand-mère…

 

Mon cœur est à la marée montante en ce début d’été. C’est le retour des noyades.

 

Les bords de mer, les lacs et les piscines familiales nous offrent à nouveau des moments présents inoubliables. Quelle joie de retrouver la magie des jeux d’eau pour petits et grands qui s’éclatent de bonheur. Le temps est revenu de sortir les serviettes de plage, les costumes de bain et les gougounes de plastique.

Journalistes, politiciens, parents, enfants, voisins, tous doivent s’informer. Il nous appartient annuellement de consulter les politiques et règlements en nous remémorant les noyades de l’été précédent.

L’installation des clôtures autour des piscines extérieures s’impose ? OUI !

Nous devons refaire annuellement nos devoirs de bons citoyens qui prônent la vertu : vérification des ceintures, des vestes de sauvetage, des ballons flottants et des sifflets d’urgence.

Rappelons-nous de mandater un ou une responsable qui n’aura d’yeux et de concentration que pour les baigneurs.

Rappelons-nous que les jouets flottants peuvent cacher un enfant en difficulté, et que les ballons fixés aux bras des petits ne sont pas tous des flotteurs fiables.

Rappelons-nous que les toutpetitstoutpetits amours ne voient que l’appel à l’eau et que vingt à trente secondes d’inattention suffisent pour qu’un moment de bonheur se transforme en un moment d’horreur.

 

🙂 Mes souvenirs refont surface. En un instant, tout peut basculer vers l’horreur. 🙁

 

Un jour d’été, à la piscine municipale, ma sœur m’accompagnait. On jasait ! Et puis OUPS ! Ma petite dernière de deux ans fait un pas et se lance dans la piscine. Je saute derrière, la remonte à la surface. Elle n’a pris qu’un bouillon d’eau et j’ai pris un bouillon de peur à en trembler le reste de la journée, que dis-je, de l’été.

Une autre fois, lors d’une baignade familiale dans une grande piscine hors terre, quatre enfants naviguaient, installés dans un canot sur le plan d’eau. Des cris de joie, et……… OUPS ! Mon fils âgé de quatre ans tombe de l’embarcation. Appuyée sur le rebord de la piscine, en surveillance, j’ai sauté à l’eau récupérer mon petit intrépide.

Et finalement, je ne peux oublier ces moments insoutenables de mes années d’infirmière travaillant dans une salle d’urgence où j’ai, avec mes collègues, accompagné maintes fois des parents inconsolables à la levée du drap blanc recouvrant un enfant au corps inerte. Nous les avons entendus crier leur douleur, une douleur qui résonne encore dans ma tête quand j’entends les nouvelles de noyades.

Pouvons-nous conclure que ces parents qui ont perdu un enfant ont fait preuve de négligence ? Très peu parmi eux. Cela aurait pu nous arriver. Rappelons-nous que vingt à trente secondes de distraction ou l’oubli d’avoir mandaté un ou une responsable peuvent faire la différence entre une fête ou un drame.

J’avais besoin de dire et de redire ma douleur ressentie à chaque noyade qui aurait pu être la noyade d’un être chéri. Je pense à vous, inconnus dévastés et je vous dépose dans le coin secret de mon cœur réservé aux grandes peines de la Vie.