• L’art d’envoyer promener son égo… sous la pleine lune !

    Ma fille aura 19 ans dans quelques jours…  Son souhait pour sa fête : aller faire de la raquette sous la pleine lune.  C’est bien la « fille à sa mère » !

    Nous étions donc quatre joyeux lurons à se joindre à un groupe organisé*.  Très bien organisé en fait : des bénévoles attentionnés, un petit chocolat chaud et une visite du centre d’astronomie à la fin de la randonnée, mais aussi de belles raquettes « modernes », légères avec des dents métalliques à faire peur, des habits de neige de marque, des bâtons de marche et des frontales à 50$ qui t’aveuglent quand la personne a la brillante idée de regarder dans ta direction…  D’ailleurs, on se demandait bien l’utilité de ces dernières alors que la pleine lune éclairait magnifiquement la neige blanche…  Quoiqu’à ce prix, si j’en avais une, je voudrais qu’elle serve le plus souvent possible.

    Si je vous raconte tout ça, ce n’est pas tant pour me plaindre de la société de consommation dans laquelle nous vivons. Quoiqu’un tout petit peu, en passant…  Mais surtout pour vous camper mon malaise, alors que descendant une pente des plus abruptes, il me passait des idées enfantines dans la tête, idées que mon égo tentait de contenir tant bien que mal.  Je voyais les randonneurs tenter de rester debout, s’agrippant les uns aux autres, une raquette tentant de partir vers la droite tandis que l’autre semblait définitivement attirée vers la gauche (à quoi bon servaient les gigantesques dents que j’avais vues au bas de la pente ???).  Il me semblait bien insensé de tenter de descendre cette pente en dignes représentants des bipèdes que nous sommes, et je n’avais en tête que cette folle randonnée de l’année dernière où, seule avec ma fille, j’avais descendu pratiquement tout le mont Condor sur les fesses, dans un plaisir absolument incomparable !

    En moi, un duel était bien enclenché entre mon cœur d’enfant et mon égo d’adulte : «J’aurais tellement plus de plaisir à descendre sur les fesses ! », « Ben là, tu es dans une randonnée avec du monde bien organisé, qui prend ça au sérieux… »,  « Ouian, pis ? », « Ben non, reste tranquille.  Tu vas déranger tout le monde. », « Ben non: j’vas attendre qu’il y ait un petit trou entre les randonneurs, pis j’vas me laisser glisser jusqu’au petit tas de branches là-bas… ».

    Devinez qui a gagné ?  Le tas de branches !  C’est dans les « Hoooo !!! » et  les « Hiiiiii !!! » (les miens et ceux de quelques personnes m’entourant) que je suis atterrie exactement dans le tas de branche que j’avais prévu, le sourire fendu jusqu’au lèvres et le cœur content !

    Une voix d’homme à proximité : « Mais c’est dangereux : tu aurais pu frapper une roche, te blesser ! ».  « Oui, mais c’était tellement plus l’fun ! ».  Il y a toujours quelqu’un de bien intentionné pour nous rappeler les dangers potentiels qui pourraient découler de notre audace. Je vous aime gang…  Je le sais que vous vous inquiétez pour moi.  Mais ne vous faites pas de mal pour ça : j’aime vivre en prenant des risques.  Des risques calculés, mais des risques quand-même !

    Et c’est alors que j’ai entendu de plus en plus de « zzziiiiipppp » caractéristiques de vêtements qui polissent une surface de neige…  Et des « Hoooooo ! » aussi !  Et plein d’éclats de rires ! 

    On m’a souvent dit** que quand on se lève debout, osant être qui nous sommes, nous n’avons aucune idée du nombre de personnes qui se lèvent à notre suite, inspirées par notre audace.  En cette nuit de pleine lune, j’ai pu voir qu’il y avait d’autres cœurs d’enfants qui n’attendaient que la permission de choisir le plaisir…  Alors vous n’avez pas fini de me voir me tenir debout, même si pour ça, je dois parfois m’asseoir sur mes fesses !


    *  Domaine Saint-Bernard, Mont-Tremblant: www.domainesaintbernard.org.

    ** J’ai entendu ce message plus particulièrement à PRH (Personnalité et Relations Humaines), une école de formation en croissance personnelle qui me permet des avancées importantes dans la découverte et la mise en action de toute la vie qui m’habite. Pour en savoir plus : www.prh-quebec-canada.com